• Leur apprendre à se défendre 2

     

    Leur apprendre à se défendre 2

     

    Je reviens sur le sujet brulant de « lui apprendre à se défendre » car quand on parle de bienveillance, de non-violence, on associe souvent l’image de la mièvrerie, du béni oui-oui, du bisounours.

     

    Etre bienveillant est au contraire un engagement politique. Que veut-on comme modèle de société. Que souhaitons-nous transmettre comme valeur pour rendre ce monde (actuellement ultra violent) meilleur.

    Si être bienveillant ou non-violent c’est prôner la paix, éviter l’usage de la force, privilégier le dialogue, il est un aspect qui a souvent pour ma part été occulté : se défendre quand on est acculé.

     

    Je viens d’une culture métisse. Délicat parfois de trouver l’équilibre et c’est là toute la force du métissage. Le problème vient souvent des autres qui vous collent dans des cases alors que vous passez d’une culture à l’autre avec virtuosité.

    D’un côté, j’avais le sens de me défendre par la force s’il le fallait. J’ai défendu, du haut de mes 4 ans, ma mère d’insultes racistes de mes petits camarades. Mais j’y ai aussi appris les ravages d’une éducation  trop violente, traumatisante. De l’autre, j’ai découvert une approche plus circonspecte, plus frileuse sur les règlement de compte et cela m’a confronté à la nécessité d’adapter mon comportement.

    J’ai appris à me taire, à être plus médiatrice, à prendre de la hauteur. Il m’en a couté le déni du respect de certains de mes besoins parfois. Je faisais passer l’autre avant moi, je me privais pour satisfaire, j’obtempérais face à celui qui en imposait le plus, qui avait plus d’autorité.

     

    Là n’est pas la bienveillance. Car on omet un aspect important, fondamental : le respect de soi avant tout. Quoi qu’il en coute, si quelque chose est primordial pour mon équilibre, ma santé, ma survie, je me protège, dussé-je user de la force. Voilà le point que je me suis rarement autorisée à respecter.

    Ça commence à venir… Pas que je tape sur tout ce qui bouge, mais que j’envisage de voir rouge, d’avoir des signaux d’alerte qui m’engage à me faire respecter.

     

     

     

    Leur apprendre à se défendre 2

     

    Je cite Marshall Rosenberg, dans « Les mots sont des fenêtres », Ch 10 « L’usage de la force dans un but de protection ».

    « Certaines situations n’offrent en revanche, aucune ouverture sur le dialogue. L’usage de la force peut alors s’imposer pour protéger la vie ou les droits de l’individu. Il se peut par exemple que l’une des parties refuse de communiquer ou que l’imminence du danger ne laisse pas le temps de dialoguer. Nous pouvons alors être contraints de recourir à la force. Le cas échéant, on distingue en CNV l’usage protecteur de l’usage répressif de la force. »

     

    « L’usage protecteur de de la force vise à éviter des dommages corporels ou des injustices, tandis que l’intention de la force répressive est de faire souffrir des individus pour les punir de leurs actes perçus comme des méfaits. »

    Il invite à lire  Robert Irwin, Nonviolent Social Defense, (La défense sociale non violente).

     

    Pour en revenir aux enfants, victimes de harcèlement ou qui ont simplement des passages délicats dans leur socialisation, en plus du livre « Te laisse pas faire d’Emmanuelle Piquet, que j’ai proposé dans mon précédent article, il est intéressant de leur proposer de pratiquer un sport de défense, un art martial. La boxe, le judo, le karaté, … Non pas dans le but de taper tout le monde, ou pour les inciter seulement à savoir se défendre. Un sport amène le dépassement de soi, l'effort, une certaine discipline pour atteindre la performance et devenir meilleur (pas nécessairement dans un but de compétition).

     

    Ces activités ont plusieurs vertus. Etre en mesure d’user de ce pouvoir éminemment important qui est de savoir quelles sont ses forces, savoir les mobiliser au besoin, de juger s’il convient de se retirer d’un échange ou s’il faut aller jusqu’au bout pour se protéger, se faire respecter.

     

    Il est un autre, celui de la posture. Un agresseur voit au 1er regard si l’on se sent faible ou fort. Cela tient dans la façon de marcher, de se tenir, de parler, de regarder. Autant d’indices non verbaux qu’on ne peut simuler. Ces sports permettront de gagner en confiance, en estime de soi, d’adopter une tenue, véhiculer une énergie de force tranquille. On regardera à 2 fois avant de s’y frotter.

     

    Pouvoir user de son pouvoir de bienveillance avec maîtrise. L’image qui me vient, celle du samouraï… Une force, une intelligence, un regard sur le monde, le pouvoir de se connaître et de faire respecter ses valeurs, ses besoins.

     

    Il est des moments dans la vie où discuter, échanger n’est plus possible. Des personnages comme Gandhi, Mandela nous montrent la voie de la résistance, mais lorsqu’on est un petit bout de choux, un adolescent en en pleine construction, ces états d’esprit aboutis ne sont pas forcément évidents à assumer.

     

    Les propositions que je fais permettent d’avoir un panel d’outils à proposer aux jeunes pour qu’ils choisissent vers quoi ils ont l’élan. Différentes voies possibles selon les attirances de chacun. Elles peuvent être complémentaires.

     

    Les outils à cultiver :

    • La CNV et autres formes de communication bienveillantes pour leur pouvoir de médiation.
    • L’humour, un art pour désamorcer, retourner une situation
    • La maîtrise de sa force (les sports de combats, de self-défense, le sport en général) pour mieux se connaître, se protéger, protéger ses besoins.
    • La maîtrise de son espace intérieur : yoga, ME3C, relaxation, pour les vertus de reconnaissance et de gestion des émotions.

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Juin 2015 à 01:00
    J'apprécie l'implication et l'amour que vous apportez à votre site, on le ressent dans vos écrits, super !
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    2
    Mardi 9 Juin 2015 à 04:27

    Merci pour votre commentaire. Heureuse que ma plume (le clavier) transmette l'émotion. :)

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