• Leur apprendre à se défendre

     

    D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai pas été une enfant bagarreuse, ni harcelée.

    Comme beaucoup, j'ai subi parfois des attaques verbales, ou des tentatives d'intimidation...

    Mais, j'ai toujours préféré la vanne qui pique ou la défense verbale couperet. Et si je me sentais physiquement en danger, je préférais l'indifférence. Comme certains animaux, préférer la sagesse de ne pas aller à l'affrontement, plutôt que de risquer de perdre plus.

     

    Emmanuelle Piquet, psychologue, mère de quatre enfants, est fondatrice du Centre d'intervention en souffrance scolaire (C-Sco) à Lyon et à Paris, où elle reçoit enfants, adolescents, parents et enseignants.

     

    Dans sa vidéo TedX, elle propose une approche intéressante où l'enfant est acteur principal de son mode de défense et détourne "l'agression". Il devient autonome et gagne en confiance en lui.

     

     

    .

     

     

    Il est important de laisser à l'enfant l'opportunité de régler seul la situation, parce qu'en intervenant, l'adulte cristallise la situation. Les messages renvoyés sont:

     

    A l'agressé: "Tu es vraiment nul relationnellement".

    A l'agresseur: "Tu a vraiment trouvé une cible de choix, bravo. Avec le bonus de mobiliser les adultes, t'es vraiment une star."

     

    Il faut donc aider les enfant agressés à lancer des "flèches" qui donneront comme message "il vaut mieux ne pas s'y frotter au risque d'y perdre en popularité".

    Les aider à ne plus être vulnérables, parce que cela se voit.

     

    Exemple tirée de la vidéo:

    Un enfant qui se faisait harceler sur une page FB dédiée à le ridiculiser. Lui proposer de participer et de se proclamer le président puisqu'il est le plus à même de savoir qu'il est un pathétique et triste crétin. De lui dire de poursuivre en évaluant les meilleurs posts et en remerciant pour cette opportunité qui lui est donnée de devenir leur président et leur idole.

     

    Une enfant de la crèche qui se fait mordre, lui proposer: " tu peux choisir de rester une fraise haribo qui pleure ou devenir le tigre rugissant. Dans le 1er cas, elle continuera à se faire mordre, dans le 2nd, on pourra l'aider un peu.

     

    Emmanuelle PIQUET est l'auteure de:

    "Te laisse pas faire ! Aider son enfant face au harcèlement à l'école"

     

    Les codes de la cour de récré sont clairs :

    1) Les problèmes se règlent d'abord entre enfants.
    2) Celui ou celle qui déroge à cette règle à partir du CM1 perd considérablement de sa «popularité».

    Quand les parents, voulant bien faire, volent au secours de leur enfant, ils prennent alors le risque d'aggraver les choses.
    Dans ce livre aussi intelligent que pragmatique, à contre-courant des idées reçues, Emmanuelle Piquet nous indique la bonne posture : ne pas se mettre entre le monde et l'enfant ou l'adolescent, ne pas le surprotéger, mais l'aider à se défendre par lui-même.
    Sans exagérer ni nier la violence, donnons plutôt à nos enfants la capacité de faire face.

     

     

    Elle est aussi l'auteure de  " A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin".

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Juin 2015 à 15:58

    Bonjour,


    L'intervention d'Emmanuelle Piquet est intéressante, merci de l'avoir enrichi de vos remarques.


    Les faits d'harcèlement m'inquiètent, on ne sait jamais si on ne passe pas à côté de quelque chose.


    En collège, je prenais de nombreuses dispositions pour que ces comportements ne se produisent pas avec mes élèves. J'investissais particulièrement le "groupe-classe" en essayant de les souder, qu'ils se sentent proches et solidaires les uns des autres.


    Jusqu'à présent j'étais dans une logique du "harceler, c'est mal" ou alors "De quoi souffres-il/elle pour être si méchant?"


    J'avoue que l'idée d'aider ces enfants à se défendre ne me venait pas à l'esprit à proprement parler puisque je ne voulais pas alimenter l'affaire. La "victime" ne se contentant que compassion, d'attention et de protection (indirecte). Mais là j'avoue que la technique mérite d'être développée.


    Pourquoi pas organiser des activités de défense non violente avec des mises en situation (pas forcément familières pour eux) en début d'année ?


     


    Merci en tout cas du partage et bonne continuation


     


    Madame M


     


     

    2
    Mercredi 3 Juin 2015 à 03:08

    Bonjour,

    Merci pour votre commentaire.

     

    Les cas de violences entre enfants ont toujours existé. Sauf qu'avant, on ne s'encombrait pas de leur bien-être comme on le fait aujourd'hui.

    A toujours vouloir prôner la non violence, on peut tomber dans l'écueil du "subir sans réagir". Dans la cour, je le vois souvent, on intervient en pensant régler le problème, sauf qu'un enfant qui tape, martyrise continue de le faire malgré les médiations... Et que l'enfant agressé trop souvent fini soit par se résigner, soit par rendre les coups.

    Instaurer la CNV est primordial, former les équipes, les parents. Mais c'est un travail long déjà quand on est volontaire, alors quand on ne l'est pas... C'est un vrai enjeu de mobiliser tout le monde et cela n'est pas contradictoire avec le fait de savoir se défendre.

     

    Au contraire, cela vient renforcer. Il est urgent de proposer aux enfants de s'accorder de l'importance, de savoir faire respecter ses besoins, d'apprendre à prendre toute sa place.

     

    L'humour est un bon vecteur, l'effet de surprise, tout ce qui peut dérouter un "agresseur", le dissuader de recommencer.

    3
    Samedi 6 Juin 2015 à 21:18

    Je préfère leur apprendre  "à ne pas se laisser faire" plutôt que leur "apprendre à se défendre" sarcastic

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    4
    Dimanche 7 Juin 2015 à 01:43

    Ne pas se laisser faire... Je trouve que ce n'est pas très clair. Qu'est-ce qu'on met derrière?

    Je suis adepte du langage affirmatif. J'aimerai avoir votre point de vue, de manière plus explicite.

    Merci pour cet échange.

    5
    Dimanche 7 Juin 2015 à 12:43

    Dans la cour, les élèves viennent s'expliquer en cas de conflit. On les entend dire: Untel a commencé, j'ai rendu les coups, mes parents m'ont dit de me défendre.

    Nous, les enseignantes de l'école, les reprenons en expliquant clairement qu'ils ne doivent pas se laisser faire ( ne pas se laisser coincer sur un mur, ne pas se laisser insulter, embêter...).

    Se défendre est un terme qui pousse les enfants à rendre les coups, les insultes - c'est guerrier, cela appelle à la vengeance dans l'esprit de nos enfants.

    ;-)

     

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